Samedi 20 octobre à 20h45 film SAMOUNI ROAD de Stefano Savona au Festival de Gardanne.
Il sera présenté lors du festival d’automne de Gardanne, en présence de son réalisateur : Stefano Savona, invité d’honneur de ce Festival.

Il sera peut être prudent de réserver.

Cinéma 3 Casino 11 cours Fourbin 13120 Gardanne .Film de Stefano Savona (Italie-France 2h08).

L’œil  d’Or , Prix du documentaire au Festival de Cannes 2018

Il connaît et filme la bande de Gaza et les Palestiniens depuis presque dix ans. Il sait d’abord deux, trois choses : il sait qu’on ne raconte pas l’histoire à la place des peuples. Il sait qu’on ne raconte pas l’histoire à la place des enfants. Il sait convoquer un dessin, non pas pour tourner les yeux mais pour faire entendre l’horreur là où les images n’existent pas. Il sait jongler avec trois sources : les images qu’il filme depuis des années (les enfants grandissent, et on voit qu’ils n’ont jamais été des enfants). Les crayonnés qui sont comme des archives impossibles, calcinées, d’une mémoire grise. Et puis, des images de drones avec en bande-son un soldat israélien qui attend les ordres de l’état-major pour tirer sur les cibles humaines dessinées par une caméra thermique.

« Ce sont des civils », répond le soldat aux ordres de tirer. Ou plutôt l’acteur, car toutes les failles manquantes de la tragédie sont rejouées par des comédiens, sur la base de témoignages. Dans cet édifice complexe et qui aurait pu se casser la gueule sous nos yeux, rien n’est laissé au hasard. Ses effets sont raisonnés, tout à l’inverse de l’horreur de la guerre qu’il raconte. Il fallait l’exposer, l’expliquer, cette histoire, celle de la guerre de Gaza de 2008-2009, opération « Plomb durci », Tsahal pilonnant les familles palestiniennes, chassant le Hamas partout, à commencer par là où il n’est pas. Donc la guerre, et comment elle touche d’abord ceux qui n’y participent pas, ceux qui ne la veulent pas, ceux qui ont cru à ce mirage amer, « la coexistence de deux nations sur une même terre ». A savoir, une famille de paysans, les Samouni, victimes des crimes de guerre de l’armée israélienne.

Le film ausculte en toute neutralité les effets inverses et délétères de l’action de Tsahal. Ou comment les morts sont récupérés comme martyrs par les partis politiques, et les enfants laissés avec comme seul désir d’avenir celui de venger leurs pères. Samouni Road est un film sur la vie quotidienne en temps de guerre. Une vie où les morts deviennent plus nombreux que les vivants. « Pourquoi se marier ? Pour manquer à nos enfants », dit ce jeune couple de fiancés qui viennent de perdre leurs parents. Et demain ? Demain, les enfants joueront à la Palestine.